Nature en ville à Cergy-Pontoise | Espace d’information et d’échange pour les acteurs du territoire, ces 365 derniers jours

Espace d’information et d’échange pour les acteurs du territoire



mercredi 26 février 2020

  • Restitutions 2019 de Florilèges

    Mercredi 12 février ont eu lieu les restitutions 2019 du protocole Florilèges-prairies urbaines au Muséum national d’Histoire naturelle. Les différents intervenants nous ont fait part du bilan des données recueillies grâce au protocole.

    Florilèges-prairies urbaines : qu’est-ce-que c’est ?

    Florilèges-prairies urbaines est un protocole de sciences participatives élaboré en 2014 et réalisé sur les prairies. Retrouvez les détails du protocole sur le site de VigieNature.

    Ce que l’on considère être une « prairie » peut être défini comme un espace herbacé dominé par les graminées et où il n’y a pas de ligneux (arbres). C’est un milieu artificiel et maîtrisé par l’Homme, puisque régulièrement fauché, qui vise à recréer ce que les grands herbivores sauvages pouvaient faire en broutant lors de leurs passages dans les clairières, par exemple. Ces milieux n’existant plus à l’état naturel (du moins sur le territoire métropolitain), conserver des prairies urbaines permet de maintenir un cortège floristique et sa faune associée qui serait voué à disparaître.

    Une prairie à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Les données obtenues grâce au protocole permettent d’évaluer les effets qu’ont les techniques de gestion sur la qualité écologique du site. C’est également un bon moyen de suivre la dynamique de l’évolution des espèces en présence, à condition que le protocole soit effectué plusieurs années de suite.

    Les résultats de l’année 2019

    Cette année, 160 prairies ont été suivies : cela représente une baisse de participation par rapport aux deux dernières années. Cependant, il a été noté que le nombre total d’espèces identifiées est en augmentation.

    Le plantain lancéolé (Plantago lanceolata), l’ivraie vivace (Lolium perenne), le trèfle rampant (Trifolium repens), le dactyle aggloméré (Dactylis glomerata) et le fromental élevé (Arrhenatherum elatius) figurent parmi les espèces les plus observées.

    Trifolium repens, le trèfle rampant © CACP – Léo Micouin

    L’évolution des modes de gestion montre que les gestionnaires participants ont davantage eu recours à la fauche coupée qu’aux autres techniques de gestion (fauche broyée, pâturage, tonte).

    La prairie la plus riche d’Île-de-France

    La prairie affichant la plus grande diversité d’espèces au niveau régional se trouve au Verger à Cergy, aux pieds de nos bureaux. Lors de l’édition 2019, 24 espèces de plantes y ont été identifiées !

    Formation Florilèges 2019 – Le Verger © CACP – Emilie Périé

    Cette année, comme l’an passé, l’atelier de formation aura lieu au printemps sur la prairie du Verger pour observer l’évolution des espèces.

    Sources :

    Interventions de la journée

    Site de Florilèges

    Il ne faut pas négliger l’apport des prairies urbaines, par VigieNature

    Retrouvez dans nos articles :

    Le bilan 2016


lundi 24 février 2020

  • Evernia prunastri, la mousse du chêne
    Evernia prunastri, la mousse du chêne – Puiseux-Pontoise © CACP – Emilie Périé

    Evernia prunastri, que l’on appelle aussi la mousse du chêne, est l’un des lichens les plus fréquents sur les arbres en France. J’ai pu le déterminer avec la clé de LichenGo!.

    Dans la clé, ce lichen est rangé dans le groupe des lichens fruticuleux. Ce sont les lichens qui se développent sous forme d’un petit buisson sur les branches. Au contraire, les lichens foliacés (comme Xanthoria parietina, en jaune sur l’image) ou crustacés restent globalement plaqués sur l’arbre.

    L’un des critères de détermination est le système reproductif du lichen. Celui-ci utilise des soralies. Ce sont des petites boules farineuses qu’on retrouve sur le pourtour des lanières.

    Soralies de Evernia prunastri – Puiseux-Pontoise © CACP – Léo Micouin

    Le lichen est une symbiose entre un champignon, une algue et des bactéries. Le champignon peut être comparé à une serre dans laquelle il cultive des algues capables de photosynthèse et des bactéries. Pour se reproduire, les lichens utilisant des soralies forment des petites boules dans lesquelles ils amassent des cellules de champignon et d’algue. Ces soralies donneront naissance à un nouveau lichen, clone du premier, comme une bouture chez les végétaux.

    Le saviez-vous ?

    Les lichens, et notamment Evernia prunastri, sont beaucoup utilisés en parfumerie. L’eau de lichen est à la base de la fabrication de nombreux parfums.

    Sources :

    Les cahiers techniques de l’association CPN, Lichen de quoi ai-je l’air

    Le protocole LichenGo!

    Retrouvez dans nos articles d’autres histoire de lichens :

    Lichens

    Une biodiversité qui se porte bien


vendredi 21 février 2020

  • Plusieurs champignons pour un même tronc
    Une tête de bonhomme ? © CACP – Emilie Périé

    Un nouveau collègue au bureau ?

    A peu de choses près, nous vous annoncions l’arrivée d’une nouvelle personne au sein de l’équipe. Lorsque ce tronçon nous a été offert par un de nos -vrais- collègues, notre imagination nous a joué des tours. Mais soyons sérieux, il ne s’agit pas là d’un visage. Heureusement, nous direz-vous.

    En observant notre environnement, il nous arrive parfois d’associer des formes et des motifs naturels à des visages. Par exemple quand nous regardons les dessins d’un papillon, d’une plante ou d’une araignée, les formes d’un tronçon de bois orné de champignons… Ce phénomène psychologique porte un nom : on l’appelle paréidolie.

    Il n’est pas venu tout seul

    Les colocataires du tronc © CACP – Léo Micouin

    Ce tronçon de merisier nous a beaucoup intéressé : nous y avons déterminé la présence d’au moins 2 genres de champignons ainsi que d’un lichen.

    Lenzites betulina, face inférieure © CACP – Léo Micouin

    La bouche du bonhomme est probablement la lenzite du bouleau. Ce que vous voyez sur la face inférieure sont les hyménophores lamellés du chapeau, une succession de cellules fertiles permettant au champignon de se disperser. Malgré son nom d’espèce, il n’est pas inféodé au genre Betula (le bouleau). On le retrouve au contraire sur plusieurs essences de feuillus comme le chêne, le hêtre, l’aulne et le merisier…

    Trichoderma lignorum © CACP – Emilie Périé

    Sur la coupe transversale du tronc, nous observons de nouveaux champignons, dont le vert qui ressemble fortement à Trichoderma lignorum. Ce champignon est la forme immature d’Hypocrea rufa. N’étant pas un lignivore mais plutôt un champignon du sol, il s’est sans doute développé sur le bois une fois que celui-ci a été coupé.

    Nous n’avons pas été en mesure de déterminer le nom du champignon blanc et crème mais il semble aussi s’être développé après la coupe. Quand le tronçon nous est parvenu et que nous l’avons installé sur le bureau, le champignon collait à la table.

    Phaeophyscia orbicularis © CACP – Emilie Périé

    Quant au lichen présent sur le tronc, il s’agirait de Phaeophyscia orbicularis que nous avons pu identifier grâce à la clé Lichens Go!

    Sources :

    La paréidolie, par l’IFRES

    Lenzites betulinus, par MycoDb

    Le genre Trichoderma, par Agronomie Info

    Retrouvez d’autres champignons :

    Trémelle, champignon parasite

    La pézize écarlate, champignon d’hivers

    Des champignons attaquent la renouée du Japon !


mercredi 19 février 2020

  • Les hivernants se réveillent

    Pour passer l’hiver les papillons adoptent diverses techniques. Certains migrent vers le Sud comme les belles-dames et certains vulcains. D’autres passent la saison sous forme d’œufs, de chenilles ou de chrysalides alors que les adultes ont disparu dès l’arrivée du froid. D’autres encore, hivernent. Les adultes passent la saison froide immobiles, cachés sous des feuilles, des branchages, de l’écorce, et se remettent à voler dès que le soleil les réchauffe un peu, souvent dès le début février. C’est le cas du citron (Gonepteryx rhamni), du paon de jour (Aglais io), du robert-le-diable (Polygonia c-album) et de certains vulcains (Vanessa atalanta). 

    Le citron – Osny © CACP – Gilles Carcassès
    Le paon de jour – Jouy-le-Moutier © CACP – Emilie Périé
    Le Robert-le-diable – bois de Cergy © CACP – Gilles Carcassès
    Le vulcain – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    D’après les données de Faune Île-de-France ils sont déjà de sortie, depuis la mi-janvier ! Les avez-vous vus ?

    Sources :

    Comment les papillons passent l’hiver, par l’OPIE

    Les données de Faune Île-de-France

    Retrouvez un autre article sur le sujet :

    Le réveil du vulcain


lundi 17 février 2020

  • Les deux rouquins

    Trop choux !

    Paillette
    Paillette – Ferme pédagogique de Pontoise – parc du château de Marcouville © Gilles Carcassès

    J’ai fait une petite visite amicale à la ferme pédagogique de Pontoise, gérée par l’association Les Z’herbes folles, pour admirer la vedette du moment : Paillette, velle jersiaise (1), née à la ferme le 31 décembre 2019. Elle a les beaux yeux de sa race. Curieuse de découvrir le Monde, elle galope et fait des sauts de cabri, sans toutefois trop s’éloigner de sa mère aux mamelles généreuses.

    Ecureuil roux – parc du château de Marcouville © Gilles Carcassès

    Celui-ci n’a pas de nom de baptême car c’est un animal sauvage, ce qui ne l’empêche pas d’avoir aussi une bonne bouille ! Je l’ai surpris en plein repas au fond du parc du château de Marcouville.

    Venez les voir !

    La ferme est ouverte au public les week-ends et les jours fériés de 13h30 à 17h30 (horaires d’hiver). Vous pouvez suivre l’actualité de la ferme sur la page facebook de l’association.

    (1) velle jersiaise = veau femelle d’une race de petit gabarit originaire de l’île de Jersey. Ce sont des vaches jersiaises qui broutent les pâtures royales du parc du château de Windsor en Angleterre.

    Retrouvez d’autres histoires d’écureuils :

    L’amateur de fibres longues

    L’écureuil à la carte

    Le nain rouge et les deux pestes


vendredi 14 février 2020

  • Au paradis des coccinelles
    Coccinelle à sept points – Vauréal © CACP – Emilie Périé

    En repérage du côté du jardin des Belles Jardinières, nous avons fait quelques rencontres plutôt sympathiques. Nous étions sur les traces d’un papillon aperçu au loin, nous demandant quel pouvait bien être cet hivernant déjà réveillé quand nous avons remarqué ces fait surprenants. Même en tout début de ce mois de février la nature est bien active.

    Les belles jardinières – Vauréal © CACP – Emilie Périé

    Les véroniques et les stellaires sont en fleurs. Cinq ou six coccinelles se promenaient dans leur pa(s)radis, accompagnées par une chenille, un gendarme, des petits coléoptères et une très jolie mouche.

    Sepsis fulgens – Vauréal © CACP – Emilie Périé

    Sepsis fulgens fait partie de la famille des Sepsidae. Elle est reconnaissable à sa silhouette de fourmi et ses deux taches sur les ailes. Elle a une allure très élégante je trouve.

    Elles étaient une petite dizaine à s’activer dans la jardinière centrale. A tournoyer et parader ainsi elles ont attiré l’attention d’un joli coléoptère tout vert.

    Il y avait vraiment beaucoup d’insectes réveillés dans ce pa(s)radis. Sans doute que la douceur de cet hiver les aura engagé à commencer tôt leur saison d’activité. Espérons que d’éventuelles chutes de température ne leur soient pas préjudiciables.

    Hôtel à insectes occupé – Vauréal © CACP – Emilie Périé

    En tout cas, nous avons de bons augures pour les pollinisateurs du printemps, l’hôtel à insectes juste à côté est occupé !

    Retrouvez dans nos articles, d’autres insectes d’hiver :

    Syrphes de février

    Ypsolopha mucronella

    L’hiver au chaud


mercredi 12 février 2020

  • Petits migrateurs d’hiver
    Platanes du parc François Mitterrand – Cergy © CACP – Emilie Périé

    Ca gazouille fort dans les platanes du parc François Mitterrand ! Et pour cause, les petits oiseaux sont nombreux.

    Passereaux dans les branches – Cergy © CACP – Emilie Périé

    Sur ces quelques branches, ils ne sont pas moins de 8 oiseaux. Presque tout l’arbre est couvert. Des dizaines de chardonnerets élégants et de verdiers d’Europe disputent la place aux étourneaux sansonnets.

    Des migrateurs venus du froid

    On reconnait le chardonneret à son élégant masque rouge et ses plumes délicatement ornées de jaune, de noir et de blanc.

    Le chardonneret élégant – Cergy © CACP – Emilie Périé

    Et le verdier à sa couleur olive, sa bande jaune le long de l’aile et ses joues grises.

    Le verdier d’Europe – Cergy © CACP – Emilie Périé

    Ces deux petits passereaux sont des oiseaux migrateurs, grégaires et granivores. Ce qui signifie plusieurs choses. En hiver les chardonnerets et verdiers qui nichent au Nord de l’Europe viennent profiter de températures plus clémentes chez nous, profitant de la place laissée par les oiseaux nicheurs franciliens qui sont partis plus au Sud. En dehors de la période de nidification (pendant laquelle les oiseaux restent en couple) ces petits oiseaux aiment rester en groupe. Ils se nourrissent essentiellement de graines et à cette époque il reste surtout celles des grands arbres. Au total, il est fréquent de rencontrer ces volatiles en grands groupes occupés à becqueter les fruits des platanes, liquidambars ou aulnes.

    Un comportement étrange

    Nous avons cependant assisté à une scène pour le moins étonnante. En plus de s’attaquer aux fruits du platane (des akènes réunis en boules piquantes que l’on voit pendre dans l’arbre), certains oiseaux avaient l’air de s’intéresser également aux pédoncules des fruits (les tiges raccrochant les fruits au rameau).

    Un verdier sur les fruits du platane – Cergy © CACP – Emilie Périé

    Or ce n’est pas la saison de construire des nids avec de grandes fibres comme celles-là …

    Un chardonneret au milieu de pédoncules déchiquetés © CACP – Emilie Périé

    Nous avons demandé leur avis aux experts de la Ligue de Protection des Oiseaux. L’aspect déchiqueté des pédoncules et sans doute le fait du vent, qui en les faisant cogner contre les rameaux, abîme l’écorce tendre. Cependant, l’intérêt des oiseaux pour ces fibres ne leur était pas familier. Ils nous conseillent donc de suivre avec attention le comportement de ces oiseaux.

    Évacuation d’urgence  © CACP – Emilie Périé

    Mais nous avons dû prestement abandonner nos investigations quand notre poste d’observation a été pris d’assaut à l’heure de la sortie de l’école maternelle !

    Tant pis, nous éluciderons ce mystère une prochaine fois.

     

    Et vous, les avez-vous vus dans les platanes avoisinants ?

    Pour en savoir plus :

    Le suivi du chardonneret, pas Oiseaux des Jardins

    Le suivi du verdier, par Oiseaux des Jardins

    Retrouvez dans nos articles :

    Le portrait du chardonneret élégant

    Le portrait du verdier d’Europe


lundi 10 février 2020

  • Le syrphe ceinturé en hiver

    Bravo à Siegfried qui a reconnu les belles rayures du syrphe ceinturé. Eh oui, il s’agissait bien dans les deux cas du même insecte, Episyrphus balteatus, le syrphe ceinturé. Il y a en effet un mâle (à gauche) et une femelle (à droite), mais la différence de couleurs réside dans la date d’observation de cette petite mouche.

    Le syrphe ceinturé formes estivale et hivernale © CACP – Emilie Périé

    Les chercheurs du Muséum ont identifié, grâce au programme de sciences participatives SPIPOLL, que l’hiver la grande majorité des pollinisateurs encore actifs sont des mouches, de la famille des syrphes. De plus, le syrphe ceinturé (et d’autres espèces comme les eristales) changent de couleur. Ils sont globalement plus noirs en hiver qu’en été. En épluchant notre banque de photo j’ai pu faire le même constat, le différence est flagrante ! Cela leur permet très certainement de se réchauffer plus facilement, bien qu’on ignore encore les mécanismes en jeu pour ces modifications.

    Étonnant non ?!

    Episyrphus balteatus, le syrphe ceinturé, en été – Genainville © CACP – Emilie Périé

    Sources :

    L’article de VigieNature sur les syrphes en hiver

    Retrouvez dans nos articles :

    Le syrphe ceinturé

    Le syrphe de Noël


vendredi 7 février 2020

mercredi 5 février 2020

  • Retour sur les rencontres naturalistes 2019

    L’édition 2019 des Rencontres naturalistes a eu lieu le samedi 7 décembre au château de Nanterre. Ces rencontres, organisées par l’Agence Régionale de la Biodiversité (ARB) depuis 2008, permettent à tous les professionnels et amateurs naturalistes d’Île-de-France de se retrouver pour écouter des personnes passionnantes sur divers sujets.

    Lors de cette 11ème édition, 150 personnes ont assisté aux exposés. Les présentations étaient variées et riches en contenu : des vers luisants aux araignées, en passant par les poissons migrateurs, les galles de cécidomyies et la bioacoustique, nous nous sommes régalés ! Voici quelques-unes des informations importantes à retenir.

    Suivez les vers luisants

    Fabien Verfaillie nous a présenté l’Observatoire des Vers Luisants et des Lucioles : un outil de science participative qui permet aux chercheurs de mieux connaitre l’écologie et les comportements des 11 espèces de vers luisants et de lucioles. Des premiers résultats sur l’impact de la pollution lumineuse ou sur les pratiques aux jardins sur les populations de vers luisants ont pu être avancés.

    Lampyris noctiluca, larve de ver luisant – Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

    Observez, notez, participez : dans votre jardin ou lors de missions spéciales de l’Observatoire, cet été, partez à la recherche des vers luisants !

    La présentation filmée et le document support

    Retrouvez quelques histoires de vers luisants :

    Observez les mouches

    Raphaël Vandeweghe et Alexia Monsavoir de l’Office pour les insectes et leur environnement nous on présenté la méthode SyrphTheNet et la nouvelle liste des syrphes déterminants ZNIEFF.

    Myathropa florea, l’eristale des fleurs © CACP – Emilie Périé

    Les syrphes sont ces jolies mouches qui ont souvent l’aspect d’abeilles, de guêpes ou de bourdons. On dit qu’une espèce est déterminante ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique) quand sa présence dans un espace permet de justifier la bonne qualité écologique du milieu. On peut alors classer cet espace parmi les ZNIEFF, qui font l’objet d’études particulières (notamment en termes d’inventaires). Sur les 216 espèces de syrphes présentes dans la région, 84 ont été retenues comme étant déterminantes ZNIEFF. Et malgré les nombreuses rencontres que nous avons eu avec ses belles rayées, nous n’avons encore croisé aucune des 84 retenues ! Si vous les voyez avant nous faites le nous savoir, et surtout, n’hésitez pas à participer au programme SPIPOLL !

    La présentation filmée et le document support

    Retrouvez quelques histoires de syrphes :

    Le pâturage : outil indispensable de la gestion du paysage

    Vincent Vignon a présenté un historique passionnant sur les héritages patrimoniaux du pâturage par les grands herbivores. Les modulations du paysage de la toute petite échelle au grand territoire, sont expliquées par les relations trophiques entres animaux et végétaux et illustrées par de magnifiques images d’espaces naturels et de faune sauvage.

    Brebis pâturant à Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Emilie Périé

    A Cergy-Pontoise, faute de troupeaux sauvages, on développe tout de même la gestion d’espaces par le pâturage. Moutons, vaches, ânes, chevaux et même bernaches, parcourent les prairies de l’agglomération. Il manque bien entendu certains maillons de la chaîne naturelle mais la biodiversité se réinstalle peu à peu.

    La présentation filmée et le document support.

    Retrouvez quelques histoires de pâturage :

    Les araignées, un monde merveilleux et méconnu

    Claire Jacquet, l’une des rares mais non moins éminentes aranéologues d’Île-de-France, nous a présenté le monde fascinant des araignées franciliennes. Après avoir rapidement éliminé les clichés des araignées qui sont moches, dangereuses et font peur, elle nous a montré l’incroyable diversité des formes, couleurs et modes de vie de ces petits animaux.

    Synema globosum, l’araignée Napoléon © CACP – Gilles Carcassès

    Il nous reste encore beaucoup d’espèces à rencontrer sur le territoire et à vous présenter. Ce petit monde est finalement très vaste.

    La présentation filmée et le document support.

    Retrouvez quelques histoires d’araignées :

    Si ces sujets vous intéressent et que vous n’avez pas pu assister aux rencontres, pas d’inquiétude, les exposés ont tous été filmés et sont mis en ligne sur le site de l’ARB ainsi que l’intégralité des supports de présentation.

    Quant à nous, on a hâte de voir l’édition 2020, vous pouvez déjà réserver la date, ce sera le 28 novembre !


lundi 3 février 2020

  • Priorité aux crapauds
    Crapaud commun – Pontoise © CACP – Emilie Périé

    Avec le mois de février débutent les migrations hivernales des amphibiens. Ils rejoignent leurs sites de reproduction et sont donc à la recherche de points d’eau : étangs, mares et même fossés. Comme nos routes traversent les espaces naturels il arrive que des crapauds, grenouilles, tritons ou salamandres traversent nos routes.

    Soyez vigilants !

    Les crapauds ne connaissent pas les passages piétons et comme leurs congénères, ils sont protégés car leurs effectifs menacés. La plupart des espèces migrent à la tombée de la nuit, soyons prudents sur les routes.

    Prévenez les experts

    Cette année encore, l’Agence Régionale de la Biodiversité en Île-de-France met en place la plateforme d’inventaires en ligne des amphibiens traversant les routes. Grâce aux signalements des zones de présence d’amphibiens il sera ensuite possible de repérer les endroits où il est nécessaire de mettre en place des passages à crapauds (des crapauducs).

    On compte sur vous !

    Sources :

    Appel à participation de l’ARB

    Retrouvez dans nos articles des histoires d’amphibiens :

    Le triton ponctué

    Un dragon dans mon jardin

    La reproduction des grenouilles rousses


vendredi 31 janvier 2020

  • Les zones humides ont leur journée mondiale

    Le 02 février c’est la journée mondiale des zones humides. Cette journée célèbre la signature de la convention sur les zones humides le 2 février 1971 à Ramsar (dite, Convention Ramsar) par 171 pays. Ce traité sert de cadre à l’action nationale et internationale pour la préservation des zones humides et de le ressources.

    Mais qu’est-ce que c’est une zone humide ?

    De manière assez logique on définit les zones humides comme étant les éléments paysagers dont l’eau est un facteur structurant (hors milieux marins). Du point de vue réglementaire, on peut qualifier un espace de zone humide si les caractéristiques de son sol et de sa végétation répondent à certains critères. On rencontre aussi bien des cours d’eau (rivières, rus) que des mares, bassins, noues ou des marais, des prairies humides… Sur le territoire de Cergy-Pontoise nous sommes assez riches en zones humides.

    Cartographie des zones humides de la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise © CACP – Service GEMAPI

    Pourquoi est-il important de les protéger ?

    Comme beaucoup de milieux naturels, les zones humides, dans leur fonctionnement naturel, nous rendent de grands services (dits, services écosystémiques). Loin d’être des « nids à moustiques » les zones humides permettent de réguler la température extérieure, d’absorber les eaux pluviales, d’épurer les eaux courantes, de stocker du carbone, de développer des activités économiques et de faire naître une biodiversité assez incroyable.

    Or, comme beaucoup de ces milieux naturels, elles ont subi de fortes dégradations et régressions au cours des dernières années. Chez nous, c’est maintenant le service GEMAPI (Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations) qui se charge de la protection et de la bonne gestion des zones humides du territoire.

    Le bassin du Petit Albi, une zone humide à protéger – Osny © CACP – Emilie Périé

    Que peut-on y voir ?

    Si vous souhaitez partir à la découverte des zones humides, des animations auront lieu partout en France durant tout le mois de février. Vous pourriez y croiser :

    Des oiseaux

    Comme le cygne tuberculé, le grèbe castagneux, la bergeronnette des ruisseaux, ou

    Le martin-pêcheur – Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

    Des insectes

    Comme la notonecte, l’agrion élégant, le Stratiomys potamida, ou

    Calopteryx splendens – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    Des amphibiens

    Comme la grenouille rousse, le crapaud commun, le triton ponctué ou

    Hyla arborea, la rainette verte – Clairefontaine-en-Yvelines © CACP – Gilles Carcassès

    Des plantes

    Comme la pulicaire dysentérique, l’hydrocotyle commun, la renoncule à pinceaux ou

    Lythrum salicaria, la salicaire commune – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Sources :

    Réglementation Zones Humides

    L’importance des zones humides, en vidéo, par Ramsar France


mercredi 29 janvier 2020

  • Le gui

    Avez-vous déjà vu ces touffes ornant les branches de certains arbres ? Il s’agit de Viscum album, plus communément appelé le gui.

    Viscum album – Cergy © CACP – Emilie Périé

    Contrairement à ce que l’on peut croire, le gui n’est ni une maladie ni un parasite mais un hémiparasite pour être précis. La plante est pourvue de chlorophylle et peut ainsi synthétiser son propre sucre, elle ne prélève dans la sève de l’arbre que de l’eau et des sels minéraux. Les plantes parasites, quant à elles, sont totalement dépendantes de leur hôte.

    Fruits blancs de Viscum album – Cergy © CACP – Emilie Périé

    Comment arrive-t-elle sur les branches ?

    Ses fruits sont consommés par certains passereaux de la famille des Turdidés (grive draine, grive mauvis et merle noir) : la dissémination du gui, tout comme le houx, se fait par zoochorie. C’est ainsi que les graines se retrouvent sur les branches, après que les oiseaux les aient rejetées.

    Touffe de gui – Cergy © CACP – Emilie Périé

    Le développement du gui fatigue l’arbre et entraîne souvent une diminution de la croissance de l’arbre et de la production fruitière.

    Pommiers d’ornements à droite avec du gui, prunus en fleur à gauche sans gui – Cergy © CACP – Léo Micouin

    Étonnamment, dans le Verger face à nos bureaux, les pommiers d’ornement sont habités par du gui alors que leurs voisins prunus ne le sont pas.

    Source :

    Le gui, par Jardiner avec Binette et Jardin

    Retrouvez un autre article sur une plante hémiparasite :

    Le mélampyre des champs

    Retrouvez d’autres histoires de gui :

    Au gui

    Qui a mangé le gui ?


lundi 27 janvier 2020

  • Houx houx, c’est moi !
    Ilex aquifolium panaché © CACP – Gilles Carcassès

    Le houx fait partie des arbustes à feuilles persistantes. En hiver, sa verdure et ses baies rouges font de lui un végétal apprécié de la saison. On en retrouve souvent des rameaux sur les tablées des fêtes de fin d’année : le houx était symbole de chance et de bienveillance chez les Celtes et les Romains.

    Rameaux de houx brillant © CACP – Gilles Carcassès

    Ses feuilles coriaces dissuadent les larves affamées et leurs épines tiennent les brouteurs à l’écart. Si vous observez le houx dans son ensemble, vous pourrez remarquer que la spinescence de ses feuilles (c’est-à-dire le fait qu’elles soient couvertes d’épines) n’atteint un fort degré qu’à la base de l’arbuste. Plus en hauteur, les feuilles deviennent au contraire entières avec très peu d’épines. Cette différence de formes entre les feuilles est appelée « hétérophyllie ».  Elle résulterait d’une adaptation défensive développée par la plante.

    Hétérophyllie du houx © CACP – Emilie Périé

    Malgré son apparence peu accueillante pour certains animaux, le houx est tout de même une plante appréciée par les oiseaux. Ceux-ci s’y abritent et profitent des baies rouges. Le voyage des graines se fait ainsi à vol d’oiseau : on parle de dissémination par zoochorie (grâce à l’animal).

    Les baies rouges du houx © CACP – Gilles Carcassès

    Source :

    Le houx, une plante de Noël, par l’ENS Lyon

    Retrouvez d’autres articles sur le houx :

    Houx fais-moi peur !

    Joyeux Noël 2019


vendredi 24 janvier 2020

  • Un collembole rondouillard

    La pêche aux collemboles est ouverte !

    Armé d’une feuille morte de dipladénia, je m’amuse à recueillir les petites bêtes qui flottent à la surface de l’eau d’une grande soucoupe au jardin.

    Collemboles sauvés des eaux © Gilles Carcassès

    Bonne pioche !

    Je crois que j’ai attrapé un représentant de la famille des Dicyrtomidae, ces sympathiques collemboles tout en rondeurs. Celui-ci est délicatement décoré.

    Collembole de la famille des Dicyrtomidae © Gilles Carcassès

    Cliquez sur l’image ci-dessus pour l’agrandir et admirer la finesse des dessins de ce collembole !

    J’ai le plaisir de vous présenter Dicyrtomina ornata

    Cette espèce très commune dépasse à peine le millimètre et est active surtout l’hiver. Elle est facile à reconnaître avec ses motifs géométriques. Dicyrtomina ornata vit au sol sous les feuilles mortes, se nourrissant de moisissures et de végétaux en décomposition. Aussi c’est un acteur très important de la fabrication de l’humus et de la fertilité des sols.

    Dicyrtomina ornata © Gilles Carcassès

    Cet individu est mort et l’on voit sa furca, ordinairement repliée sous son abdomen et tendue comme un ressort. Cet appendice fourchu lui sert à effectuer des sauts impressionnants, de l’ordre de 50 fois sa longueur !

    Retrouvez d’autres collemboles :

    Dans mon compost, les collemboles

    Vertagopus arboreus, un collembole violet


mercredi 22 janvier 2020

lundi 20 janvier 2020

  • Plante locale … c’est-à-dire ?
    Achillée millefeuille – Vauréal © CACP – Léo Micouin

    On entend beaucoup parler de plantes locales ou indigènes en les opposant aux plantes exotiques ou introduites. Mais il est facile de se perdre dans les dénominations. Par exemple, l’achillée millefeuille est indigène en Île-de-France puisqu’elle pousse naturellement dans la région, mais si les graines semées dans les aménagements proviennent de fleurs de Nouvelle-Zélande les nouveaux pieds ne seront pas locaux. Et surtout, ils ne seront probablement pas bien adaptés génétiquement au contexte local.

    Cette vidéo sortie dans le cadre de la promotion du label Végétal Local par l’Agence Française de Biodiversité l’explique très bien.

    Pour s’y retrouver, l’Agence Française pour la Biodiversité en Île-de-France a publié un guide « Plantons local en Île-de-France » où vous pourrez retrouver des listes de plantes dites locales, classées par milieux et de nombreux conseils de gestion.

    Si vous souhaitez vous procurer des graines et plantes « locales » ou vous renseigner sur le label Végétal Local, c’est ici.

    Sur le territoire de Cergy-Pontoise, la Ferme pédagogique de Pontoise va organiser des distributions de graines labellisées, ne manquez pas les prochains rendez-vous !

    Le bleuet, une plante messicole indigène dans la région – Jouy-le-Moutier © CACP – Emilie Périé

    Retrouvez dans nos articles :

    L’achillée millefeuille

    Messicoles du Vexin français


vendredi 17 janvier 2020

  • Champignon rose dans les branchages
    Illosporiopsis christiansenii, champignon parasite de lichens © CACP – Gilles Carcassès

    Sur les branches de mon figuier, j’ai trouvé cette chose rose, pas plus grosse qu’une tête d’épingle. Serait-ce la fructification d’un lichen inconnu ?

    Il s’agit en fait d’un champignon qui parasite des lichens des genres Physcia, Physconia et Xanthoria. Ce curieux ascomycète est présent un peu partout en France mais il est peu observé, sans doute en raison de sa taille minuscule.

    Illosporiopsis christiansenii © CACP – Gilles Carcassès

    Observé à la loupe, Illosporiopsis christiansenii est d’aspect irrégulier et granuleux. Le lichen jaune vert est Xanthoria parietina, le gris aux lobes ciliés est Physcia adscendens/tenella. Ils sont tous les deux très communs sur les troncs des arbres.

    J’ai déterminé les lichens grâce à la clé du programme de science participative Lichens Go !

    Source :

    Illosporiopsis christiansenii, par l’Association française de lichénologie

    Retrouvez d’autres ascomycètes :

    Les oreilles de la Terre

    Les bras m’en tombent !

    Les gâteaux d’Alfred


mercredi 15 janvier 2020

  • L’hellébore fétide, de la magie dans l’air
    Hellébore fétide, Helleborus foetidus – Poissy © CACP – Gilles Carcassès

    L’hellébore fétide est une plante fascinante à tous points de vue.

    Sous le regard botanique

    Cette plante est une vivace qui fleurit en hiver, dès le mois de janvier. C’est une caractéristique suffisamment rare pour la classer au rang des plantes étonnantes, mais elle ne s’arrête pas là. Pour survivre aux affres du froid elle a développé d’intéressantes techniques. Sa fleur est en forme de cloche et orientée vers le bas. De cette manière les organes reproducteurs de la plante sont protégés en cas d’importantes chutes de neige.

    Fleur en cloche de l’hellébore fétide – Poissy © CACP – Gilles Carcassès

    La fleur des hellébores ne se plie pas au schéma classique : une rangée de pétales (organes souvent colorés et imposants) soutenu par une rangée de sépales (organes le plus souvent verts). Dans son cas, ce sont les sépales qui constituent la part importante de la fleur et les pétales sont réduits à de tous petits réservoirs à nectar (les nectaires) cachés au fond de la cloche. Plus étonnant encore, ces nectaires renferment des levures qui, en consommant les sucres du nectar, produisent de la chaleur ! Les quelques insectes encore présents à cette période sont alors attirés et stimulés par cette source de chaleur comme si c’était le printemps ! Autre information intéressante à son sujet, tout comme la chélidoine ou les cyclamen coum et de Naples, elle est myrmécochore. C’est un bel exemple d’ingéniosité pour la coopération entre plante et insectes.

    Sous le regard historique

    Cette plante à la biologie si fascinante n’a pas manqué de faire parler d’elle au cours de l’histoire. Malgré sa puissante toxicité (Helleborus signifie toute de même « faire mourir la pâture ») elle était fréquemment utilisée comme remède contre la démence, ou pour se prémunir des maladies et des animaux nuisibles dans les abris des animaux domestiques. Cette chronique poétique de Sauvage du Poitou en relate quelques utilisations.

    Où la rencontrer ?

    Les individus présentés plus haut poussent dans le jardin de Gilles. Mais c’est une plante connue pour être largement présente dans le bassin de l’Oise et le Vexin. Elle affectionne les sols riches et relativement ombragés des lisières et des sous-bois. En voici un pied vu à Genainville l’été dernier. En l’absence de fleur on la reconnait tout de même à ses feuilles en éventail.

    Hellébore fétide à l’état végétatif – Genainville © CACP – Emilie Périé

    Attention cependant à ne pas confondre avec Helleborus viridis l’autre hellébore sauvage (plus rare) dans la région ou des plantes horticoles comme Helleborus orientalis.

    Helleborus orientalis – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Sources :

    La flore d’Île-de-France, par Philippe Jauzein et Olivier Nawrot

    Hellébore fétide, par Sauvages du Poitou

    Cela chauffe chez les Hellébores!

    Retrouvez d’autres histoires d’hellébores dans cet article :

    Les hellébores


lundi 13 janvier 2020

  • Cergy-Pontoise, halte migratoire
    Mouettes rieuses – Parc François Mitterrand, Cergy © CACP – Léo Micouin

    Comme tous les ans à cette période, une bande de mouettes rieuses vient profiter de quelques rayons de soleil et d’un repas de poissons dans les bassins du Parc François Mitterrand à Cergy.

    Forts des expériences de Gilles, nous surveillons les pattes de tout le joyeux groupe. Et ça ne loupe pas, l’une d’entre elles porte une bague ! Et même deux, une à chaque pied.

    Mouette rieuse polonaise – Parc François Mitterrand, Cergy © CACP – Emilie Périé

    Malheureusement, un passant venu donner du pain aux oiseaux (bien que ce soit fortement déconseillé!) a fait décoller notre voyageuse et sa bague métallique reste illisible. Grâce à la plateforme « European color-ring birding » nous identifions cependant la bague colorée. Après avoir croisé des mouettes tchèques, lituaniennes, belges il s’agit cette fois d’une nouvelle polonaise !

    Nous avons écrit au Muséum polonais qui nous a répondu immédiatement. Notre jolie mouette a été baguée l’été dernier sur une plage polonaise, elle avait alors plus de deux ans. Elle a depuis le mois d’août dernier parcouru au moins 1110 km !

    Plage de Świnoujście, où notre mouette a été baguée (Google Maps)

    Cergy-Pontoise a l’air connu chez les mouettes comme un arrêt immanquable sur le trajet migratoire.

    Depuis 2015 nous avons repéré 6 mouettes baguées à Cergy-Pontoise. L’étoile correspond à l’origine de notre mouette de l’année.
    Curieux ? © CACP – Léo Micouin

    Pour en savoir plus sur les migrations des mouettes et des oiseaux en général, nous vous conseillons :

    L’article de VigieNature sur la migration des mouettes

    L’émission la Terre au Carré sur FranceInter du 01 janvier 2020, avec Maxime Zucca (ornithologue à l’Agence Régionale de Biodiversité)

    Retrouvez nos histoires de mouettes migratrices dans ces articles :

    Bonjour jolie mouette

    Histoire belge

    Une polonaise en vacances à la mer


vendredi 10 janvier 2020

  • Agrions élégants aux couleurs de l’arc-en-ciel

    Mais qui est cette demoiselle ?

    L’agrion élégant est une demoiselle (de l’ordre des odonates) assez commune dans la région. On l’observe en été essentiellement autour des points d’eau. En effet, les larves sont aquatiques et les adultes, qui volent d’avril à septembre à la recherche de moucherons pour se nourrir et de partenaires pour se reproduire, restent à proximité des plans d’eau pour y pondre.

    L’agrion élégant n’étant pas le seul agrion à parcourir nos zones humides voici quelques critères pour le reconnaître :

    Critères d’identification de l’agrion élégant © CACP – Gilles Carcassès

    Belles demoiselles

    L’agrion élégant, ou Ischnura elegans, porte bien tous ses noms. Le terme agrion vient du latin [agrios] qui signifie farouche ou sauvage, et Ischnura veut dire « fin, allongé ». On visualise bien l’abdomen fin de ces demoiselles voletant furtivement aux abords des points d’eau. Quant à « élégant », l’adjectif lui a sans doute été attribué en raison de la multitude de couleurs que peut revêtir cette libellule. Voyons le panel qu’elle nous propose.

    Les mâles

    On reconnaît le mâle car le ptérostigma est bicolore. La tache caudale et les yeux sont bleus et le thorax est bleu chez les adultes et vert chez les immatures.

    Agrion élégant, mâle immature – le thorax est vert © CACP – Emilie Périé
    Agrion élégant, mâle adulte – le thorax est bleu © CACP – Gilles Carcassès

    La femelle

    C’est la femelle qui, malgré des ptérostigmas uniformes, présente la plus grande variété de couleurs. Les immatures peuvent avoir le thorax orange, rose ou lilas avec une tache caudale bleue. Les adultes ont des thorax bleus ou vert-brun avec une tache caudale bleue ou brune. De quoi varier les nuances des mares et étangs sur lesquelles elles viennent pondre !

    Agrion élégant, femelle immature orange © CACP – Jeanne-Flore Blomme-Leveneur
    Agrion élégant, femelle immature rose © CACP – Gilles Carcassès
    Agrion élégant, femelle immature lilas © CACP – Marion Poiret
    Agrion élégant, femelle adulte vert-brun © CACP – Emilie Périé
    Agrion élégant, femelle adulte bleue © CACP – Gilles Carcassès

    De quelle couleur seront les petits de ces deux-là ?

    Accouplement en cœur d’agrions élégants – le mâle en bleu et la femelle en vert © CACP – Gilles Carcassès

    Source :

    L’agrion élégant, par DORIS

    Retrouvez d’autres demoiselles de Cergy-Pontoise :

    Les jolies demoiselles de l’île de loisirs

    Les demoiselles aux ailes fumées

    Les demoiselles sont à la fête


mercredi 8 janvier 2020

  • Vertagopus arboreus, un collembole violet
    Des invités dans l’eau de pluie © CACP – Gilles Carcassès

    Dans mon jardin de Poissy, j’ai disposé une bassine qui me permet de récolter de l’eau de pluie pour l’arrosage des orchidées que je cultive à la maison. Visiblement, je n’ai pas transvasé que de l’eau dans ma bouteille : des petites bêtes sombres nagent et sautent à la surface. C’est l’occasion d’étrenner mon tout nouveau jouet, un microscope de poche adaptable sur l’objectif du smartphone.

    Collemboles en famille © CACP – Gilles Carcassès

    Ce sont des collemboles. De gros adultes (de l’ordre d’un millimètre) voisinent avec de plus jeunes, d’une jolie teinte violette, que je n’avais pas vus à l’œil nu.

    Vertagopus arboreus © CACP – Gilles Carcassès

    Les pattes claires, le corps bleu violacé d’aspect irisé et la forme des antennes m’orientent vers l’espèce Vertagopus arboreus de la famille des Isotomidae. On voit sur la tête du bébé, tout en bas, les ocelles sombres, organes rudimentaires de vision. Ces collemboles très communs vivent sur les troncs des arbres ou sur le bois mort. On peut les trouver en regardant sous les écorces. Ils consomment des déchets organiques. C’est le vent qui les aura apportés dans ma bassine sans doute.

    Sources :

    collembola.org

    collemboles.fr

    Retrouvez d’autres collemboles dans cet article :

    Dans mon compost : les collemboles

    Un autre beauté violette :

    Le carabe purpurin


lundi 6 janvier 2020

  • Un rosier chevelu ?

    Bravo à Jean-Louis, Patrick, Marie-Louise, Judith et Florent qui  ont reconnu les premiers la galle du rosier appelée bédégar. Cette galle est causée par Diplolepis rosae, un petit hyménoptère de la famille des Cynipidae.

    Galle du rosier, Diplolepis rosae – Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

    Au printemps la femelle de Diplolepis rosae pont ses œufs dans les cellules végétales des futures feuilles des rosiers (sauvages ou domestiques). La plante réagit à cette intrusion par le développement d’une coiffe visant à contenir l’invasion. Les larves sont séquestrées dans des petites loges dans lesquelles elles se développeront et d’où elles émergeront sans avoir impacté le reste de la plante.

    Que se passe-t-il sous les cheveux ?

    Galle du rosier, bédégar © CACP – Gilles Carcassès

    Si cette touffe chevelue est l’œuvre d’un seul insecte (Diplolepis rosae), elle bénéficie à beaucoup d’autres espèces.

    Les oiseaux, et notamment les mésanges, se délectent des petites larves du cynipidae se développant dans la galle.

    Bédégar dévoré par les mésanges © CACP – Gilles Carcassès

    Et on les comprend, les larves ont l’air appétissantes. Il paraît même que certains leur trouvent un goût de noisette… Je leur laisse le bénéfice du doute !

    Larve de Diplolepis rosae dans sa loge © CACP – Gilles Carcassès

    Si tôt les loges vidées par les mésanges ou par l’éclosion des larves, d’autres insectes viennent s’installer dans les abris libérés.

    L’an dernier, Gilles avait mis en élevage une galle trouvée sur l’île de loisirs de Cergy. Voici ce qui en est sorti :

    Hyménoptère sorti d’une galle de Diplolepis rosae © CACP – Emilie Périé

    Et ce n’est pas l’adulte de Diplolepis rosae (voir des images dans la galerie de Insecte.org). Des hyménoptères parasitoïdes profitent donc de ces galles pour se développer.

    Les « cheveux » peuvent aussi abriter de nombreuses petites bêtes. Comme ce Peritelus sphaeroides, petit charançon forestier qui s’était caché dans une galle de rosier sauvage.

    Peritelus sphaeroides caché dans une galle de bédégar © CACP – Gilles Carcassès

    Quant au rosier lui-même, outre l’aspect esthétique et un peu de dépense énergétique pour la croissance de la galle, les pompons roses ne causent pas de dégâts.

    Galles de bédégar dans un rosier des chiens (Rosa canina) © CACP – Gilles Carcassès

    Sources :

    Diplolepis rosae, par l’INPN

    Bédégar, tête en pétard! par la Salamandre

    Retrouvez d’autres galles dans nos articles :

    Galles de cécidomyies

    Galles en choux-fleurs

    Galles du chêne

    Galle de l’érable


vendredi 3 janvier 2020

jeudi 2 janvier 2020

  • Une nouvelle année commence !

    Bonne année à tous !

    Qui dit nouvelle année, dit nouvelles résolutions. Comme nous vous l’avions dit cet automne, le changement l’équipe entraîne un changement d’organisation. A partir de maintenant, les articles paraîtront les lundi, mercredi et vendredi. Nous conservons bien entendu la photo mystère tous les premiers vendredi du mois, alors à demain pour la première de l’année.

    Comme ce pipit farlouse, il est temps de se remettre dans le bain !

    Bain du pipit farlouse

mardi 31 décembre 2019

  • Bonne année 2020 !

    Il me semble que ce joli rouge-gorge veut nous dire quelque chose…

    Sans doute que comme nous, il veut vous souhaiter une très belle année 2020. Une santé de fer, beaucoup de joie, la réussite de vos projets personnels, mais surtout : de nombreuses découvertes et observations naturalistes ! Nous vous retrouvons en 2020 pour vous faire partager les nôtres.

    Bonne année à tous !

    Rouge-gorge familier – Menucourt © CACP – Emilie Périé
    Bonne année 2020 !

lundi 30 décembre 2019

  • Troisième fleur pour Vauréal

    L’équipe de Vauréal à la cérémonie de remise prix du concours Villes et Villages Fleuris © Christophe Etchemendy

     

    Et pour finir l’année en beauté Vauréal reçoit sa troisième fleur et rejoint Cergy, Eragny et Pontoise dans le groupe des villes labellisées « 3 fleurs » au concours Villes et Villages Fleuris.

    3 fleurs, ça veut dire quoi au juste ?

    Ce n’est pas qu’une question de jolis massifs et de fleurissement. C’est le cadre de vie que le label entend évaluer. La grille de critères comprend des items variés touchant à la gestion de la ville. Pour obtenir 3 fleurs il faut donc mettre en œuvre un certain nombre de mesures en faveur de l’amélioration du cadre de vie. L’évaluation porte bien entendu sur des éléments de stratégie et de conduite de gestion des aménagements de la ville, mais également sur des mesures techniques.

    Patrimoine végétal

    Les villes sont évaluées sur leur capacité à prendre en compte la qualité et la diversité de leur patrimoine végétal. Vauréal a notamment été félicitée pour l’important travail que les services ont réalisé sur l’inventaire des arbres de la ville et pour le maintien de leur diversité.

    Les tilleuls de l’avenue Blanqui – Vauréal © Christophe Etchemendy

    La Ville de Vauréal a également mis en place des espaces de prairies fleuries où la petite faune se développe joyeusement.

    La prairie fleurie face au jardin école à Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    Enfin, concernant le fleurissement de la ville, outre le caractère esthétique apprécié par les jurys, sa durabilité et son respect de l’environnement ont été remarqués.

    Fleurissement de la Place du Cœur battant à Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    Gestion environnementale

    Pour favoriser un cadre de vie agréable et sain, la prise en compte des enjeux environnementaux est primordiale. C’est l’objet d’une rubrique complète de la grille d’évaluation. A titre d’exemple, parmi ses actions en faveur de la biodiversité la Ville de Vauréal a développé un Atlas Participatif de Biodiversité Communal. Il permet à la fois d’améliorer la connaissance du patrimoine vivant de la ville mais aussi de sensibiliser les usagers à son existence.

    La Ville agit à bien d’autres égards pour la protection de l’environnement : valorisation des déchets verts en composteurs collectifs, limitation de la consommation énergétique sur le terrain, protection de la ressource en eau, plantation d’espèces mellifères en faveur des pollinisateurs sauvages … et le tout, toujours dans la bonne humeur et la concertation avec les citoyens.

    Félicitations Vauréal !


vendredi 27 décembre 2019

  • Tachées ou perforées ?

    Qu’est-il donc arrivé à ces feuilles d’érables, qui se sont parées de taches noires ?

    Figures sphériques sur des feuilles d’érable – Parc des Larris © CACP – Léo Micouin

    La tache goudronneuse de l’érable

    Le responsable de ces figures sphériques n’est pas un artiste contemporain, ni un tatoueur, mais un champignon inféodé aux érables. Les taches sont en réalité des stromas, organes indépendants permettant la production de spores qui assurent la dispersion du champignon.

    Ce champignon possède deux formes : Melasmia acerina, une forme asexuée (immature) dite « anamorphe », et Rhytisma acerinum, une forme sexuée (mature) dite « téléomorphe » que le champignon atteindra après maturation au printemps. C’est uniquement sous sa forme sexuée que le champignon pourra libérer ses spores contaminants et venir se loger sur les jeunes feuilles en mars-avril.

    Rhytisma acerinum – Neuville © CACP – Gilles Carcassès

    Inoffensif pour l’arbre

    Les taches peuvent causer une chute prématurée des feuilles mais elles ne représentent pas un danger pour l’érable, celui-ci vit très bien avec.

    Rhytisma acerinum – Neuville © CACP – Gilles Carcassès

    Pour lutter contre sa propagation, il est conseillé d’évacuer les feuilles mortes du pied de l’arbre. Ainsi, le champignon ne pourra pas contaminer la prochaine génération de feuilles.

    Sources :

    Rhytisma acerinum, par Ephytia

    Rhytisma acerinum, par ChampYves

    Retrouvez un autre article sur un champignon parasite :

    La rouille de l’ortie


jeudi 26 décembre 2019

  • Le repas du lampyre

    Au parc des Larris, lors d’une sortie avec l’école primaire, les enfants ont trouvé un escargot tout rabougri. Que lui est-il arrivé ?

    Escargot tout rabougri et Lampyris noctilula – Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

    En regardant de plus près, nous nous rendons compte qu’à l’intérieur de sa coquille, l’escargot tout rabougri n’est pas seul. Une larve de Lampyris noctiluca en sort également. Le nom latin est un peu compliqué mais les enfants connaissent bien son nom français : c’est la plus commune des 10 espèces de vers luisants ! Mais que fait cette larve dans la coquille de l’escargot, se demandent les enfants ?

    Larve de Lampyris noctiluca © CACP – Gilles Carcassès

    La réponse est simple : un festin ! Les larves de vers luisants se nourrissent d’escargots et de limaces. L’aspect liquéfié de cet escargot est dû aux sucs digestifs que la larve lui injecte pour pouvoir le manger. Petite particularité : chez les vers luisants seules les larves se nourrissent, les adultes ne s’occuperont que de la reproduction. Voici encore une larve, la tête plongée dans un escargot à déguster.

    Lampyris noctiluca plongée dans un escargot © CACP – Gilles Carcassès

    Les vers luisants (ou lampyres) sont des insectes de l’ordre des coléoptères. Comme tous les insectes, les larves muent (une ou plusieurs fois) pour donner les formes adultes. Chez le lampyre ces mues ont lieu au cours de l’hiver et du printemps et les adultes émergent à l’été.

    Larve de lampyre © CACP – Gilles Carcassès

    Il faudra donc attendre le mois de juillet prochain pour retrouver les petits lampions verts de nos jardins, qui ne sont autres que les signaux de la femelle indiquant au mâle qu’elle est prête pour la reproduction. D’ici là, si vous reconnaissez la larve assez caractéristique de Lampyris noctiluca, signalez-la dans l’observatoire des vers luisants ! La canicule de 2019 ayant fortement impacté les gastéropodes, le suivi de leur prédateur en est d’autant plus important. Les vers luisants connaissent une forte régression des populations, tout élément susceptible de participer à leur sauvegarde est le bienvenu.

    Et puisque la période s’y prête, je vous laisse sur ce très joli conte de Noël dont les stars sont d’autres Lampyridae, les lucioles : Au pays des pommes et des lucioles, par Joël Tribhout.

    Pour aller plus loin :

    Ecologie du ver luisant, dans l’Observatoire des vers luisants

    Larves de lampyre, par insecte.net

    Le ver luisant, par insecte.net

    Retrouvez dans nos articles :

    Le portrait du ver luisant

    L’observatoire des vers luisants


mardi 24 décembre 2019

  • Joyeux Noël 2019
    Rameaux de houx – parc du château de Menucourt © CACP – Léo Micouin

    Des couleurs de Noël

    Le houx est une plante que l’on associe souvent à Noël. Du fait de son feuillage persistant et de sa fructification hivernale, le houx participe à la coloration des paysages durant la période des fêtes. Ses feuilles vertes brillantes et ses boules rouges ornent fréquemment les portes dans les couronnes de Noël. Mais quand elles restent sur l’arbuste ces petites baies font le bonheur des oiseaux migrateurs, comme les grives. Tout le monde profite du festin de fin d’année ! On espère que vous aussi.

    L’équipe de Nature en ville à Cergy-Pontoise vous souhaite un très joyeux Noël.

    Pour en savoir plus :

    Le houx, une plante de Noël, par l’ENS Lyon


lundi 23 décembre 2019

  • Les coulisses du blog

    Une fois n’est pas coutume, nous avons décidé de vous montrer l’envers du décor. Voyons un peu comment nos naturalistes ont procédé cette année.

    Faire preuve de patience

    Prendre LA bonne photo demande du temps pour associer la proximité du sujet (surtout s’il bouge!), le bon angle et la bonne lumière.

    Gilles et le pic vert – Pontoise © CACP – Emilie Périé

    Ne faisons pas de bruits, attendons que le pic vert approche …

    De précision

    Pour être sûrs de nos déterminations et vous en présenter les résultats, il nous faut des photos les plus détaillées possibles. Et pour cela, être au plus proche des sujets, qui ne sont pas toujours coopératifs.

    Gilles et le grand bombyle – Vauréal © CACP – Emilie Périé

    Cette mouche ne se pose donc jamais ?!

    Emilie et l’œdipode turquoise – Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

    Va-t-il montrer ses ailes bleues ?

    Léo et le trèfle rampant – Cergy © CACP – Emilie Périé

    Comme ça on ne le confondra plus avec le trèfle des prés !

    Gilles et la thècla de la ronce – Moisson © CACP – Emilie Périé

    Ce papillon est vraiment magnifique !

    Emilie et le cyclamen coum – Menucourt © CACP – Gilles Carcassès

    Étranges ces fleurs roses en hiver …

    Léo et le Cyathus olla – Cergy © CACP – Emilie Périé

    Quel est donc ce drôle de champignon ?

    Et de dévouement

    Trouver la petite bête, l’indice quant à la détermination d’une plante ou celle d’un champignon suppose parfois de se mettre dans des situations inattendues. Mais nous le faisons bien volontiers !

    Emilie et la renoncule à pinceaux – Osny © CACP – Gilles Carcassès

    A-t-elle des poils cette renoncule ?

    Nous espérons que notre travail aura su satisfaire votre curiosité de nature et nous vous promettons encore plein de belles découvertes pour l’année à venir !

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vendredi 20 décembre 2019

  • La galle de l’érable

    Un insecte hyménoptère

    Galles sur une feuille d’érable sycomore (Acer pseudoplatanus)- Puiseux-Pontoise © Léo Micouin

    Nous devons ces galles à Pediaspis aceris, un insecte hyménoptère de la famille des Cynipidés. Chez cet insecte, les adultes sont divisés en deux catégories : des individus sexués capables d’effectuer une reproduction mâle/femelle et des femelles asexuées qui se reproduisent par clonage.

    Au début de l’été, les adultes sexués pondent leurs œufs à la surface des feuilles, des tiges et des bourgeons de l’érable alors que les femelles asexuées préfèrent les racines. De ces œufs naissent des larves blanchâtres qui causent l’apparition de ces excroissances brunes et sphériques, visibles sur les photos. Les galles de Pediaspis aceris sont fréquentes sur l’érable sycomore (Acer pseudoplatanus) mais nous les avons aussi observées sur l’érable champêtre (Acer campestre).

    Pediaspis aceris est également présent sur l’érable champêtre (Acer campestre) – Peyreleau © CACP – Gilles Carcassès

    La larve se nourrit des tissus de la galle jusqu’à atteindre son stade adulte. Une fois atteint, l’insecte se fraye un passage à travers la paroi de la galle et laisse un petit trou derrière lui.

    Sorties des galles sur l’érable sycomore (Acer pseudoplatanus)- Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    Sources :

    Pediaspis aceris, par Plants Parasites of Europe

    Cynipidae, par Ephytia

    Les insectes gallicoles, par aramel.free.fr

    Retrouvez d’autres articles sur les galles :

    Les galles de cécidomyies

    La galle en bourse de l’orme

    Carnet de galle


jeudi 19 décembre 2019

  • Nids d’oiseaux

    De drôles de nids !

    Nids d’oiseaux – Cergy © CACP – Léo Micouin

    Lors de notre dernière sortie à la plaine des Linandes de Cergy, près du village des Schtroumpfs, nous avons observé ces petits nids d’oiseaux. Cela nous a cependant surpris car ceux-ci étaient minuscules, abondants, et leurs œufs étaient disposés dans un désordre sans nom. Quel genre d’oiseau laisserait ses œufs à l’abandon de la sorte ? Serait-ce là l’œuvre des petits êtres bleus ?

    La réalité est encore plus surprenante à mes yeux : il s’agit de Cyathus olla, un champignon à l’allure peu commune que l’on retrouve souvent sur les paillages de BRF (Bois Raméal Fragmenté).

    Cyathus olla – Cergy © CACP – Emilie Périé

    Les petits « œufs » que vous voyez dans les coupoles sont en réalité des péridioles, les organes de fructification du champignon. Lorsque le temps est pluvieux et qu’une goutte d’eau tombe dans la coupole, les œufs sont expulsés à plus ou moins longue distance du nid.

    Après un atterrissage hasardeux, le péridiole s’accroche à son nouveau support (plante, roche, meuble de jardin…) à l’aide d’un fil gluant. Il pourra par la suite libérer ses spores et ainsi assurer la dispersion de l’espèce.

    Péridioles de Cyathus olla – Parc des Linandes © CACP – Emilie Périé

    Surprenant, n’est-ce pas ?

    La photo mystère de janvier 2018

    Cette nouvelle observation semble concorder avec la photo mystère irrésolue du 5 janvier 2018. En fin de compte, n’aurions-nous pas affaire à un péridiole ?

    Sources :

    Péridiole, par Jardinier paresseux

    Cyathus olla, par Société mycologique de la Côte-d’Or

    Retrouvez un autre article sur les champignons :

    Les champignons du BRF


mercredi 18 décembre 2019

mardi 17 décembre 2019

  • Les belles chenilles de l’année 2019

    Nous vous présentions hier quelques-uns des papillons, dans leur forme adulte, qui font la diversité de notre territoire. Mais leurs chenilles n’en sont pas moins éclectiques. Voici quelques-unes des plus belles chenilles que nous avons observées cette année.

    Les colorées

    La célèbre chenille du machaon :

    La chenille du machaon, Papilio machaon © CACP – Gilles Carcassès

    La belle chenille de la goutte de sang :

    La chenille de la goutte de sang, Tyria jacobaeae © CACP – Gilles Carcassès

    Les poilues

    La chenille de la piéride du chou qui fait le festin des mésanges :

    La chenille de la piéride du chou, Pieris brassicae © CACP – Gilles Carcassès

    Les toutes velues chenilles de la livrée des prés :

    Des chenilles de la livrée des prés, Malacosma castrensis © CACP – Emilie Périé

    Une épineuse

    La chenille du paon de jour :

    La chenille du paon de jour, Aglais io © CACP – Emilie Périé

    Une suspendue

    La chenille de la phalène brumeuse en descente le long d’un fil de soie pour préparer sa nymphose sous terre.

    La chenille de la phalène brumeuse, Operophtera brumata © CACP – Gilles Carcassès

    Le petit monde des papillons nous offre bien des merveilles …

    Retrouvez dans nos articles d’autres histoires de chenilles :

    Le compagnon accompagné

    Le dessert des mésanges

    Le temps des chenilles


lundi 16 décembre 2019

vendredi 13 décembre 2019

  • Une biodiversité qui se porte bien !

    Je suis allé pour vous à Paris aux rencontres nationales Lichens Go ! C’est un nouveau programme de science participative dédié au suivi des lichens sur le tronc des arbres en ville.

    Détermination de lichens avec la clé de Lichens Go ! © CACP – Gilles Carcassès

    J’ai révisé les critères de détermination des espèces les plus courantes : c’est dur mais avec une bonne loupe on peut y arriver.

    Le recueil des données Lichens Go ! sur un tronc de paulownia place Jussieu © CACP – Gilles Carcassès

    Ensuite je me suis exercé aux travaux pratiques sur le terrain. On a créé un attroupement de curieux…

    Et l’après-midi, des conférences très intéressantes ont complété notre érudition sur le sujet. Comme pour les oiseaux et les insectes, je m’attendais à ce que l’on nous annonce le déclin de la diversité des espèces de lichens. Mais non ! Les lichens des troncs d’arbres en ville se portent comme des charmes. Pour preuve ce graphique extrait de la présentation de Simon Rivart, chercheur à l’UMS Patrimoine Naturel :

    Le nombre d’espèces de lichens est en nette progression à Paris depuis 1981. Les suies de la combustion du charbon, puis le SO2 de celle des fiouls lourds avaient eu raison de la diversité lichénique de la capitale. Et si la pollution de l’air urbain n’a pas disparue, il faut bien reconnaître que l’impact dramatique des pluies acides sur la végétation est derrière nous.

    Xanthoriz
    Xanthoria parietina sur le tronc d’un hêtre – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Retrouvez notre autre article :

    Lichens

    Liens utiles :

    Clé de détermination de Lichens Go !

    Protocole Lichens Go !

    Retrouvez trois exposés sur les lichens lors des rencontres naturalistes 2018 :

    Les lichens de la région Île-de-France, par Rémi Poncet

    Évolution temporelle des cortèges lichéniques du 19è siècle à aujourd’hui à Paris et à l’Arboretum de Chevreloup, par Simon Rivart

    Le programme de Sciences participatives Lichen Go ! par Simon Rivart


jeudi 12 décembre 2019

  • Bilan 2019 de nos observations ornithologiques
    Pinson femelle, Fringilla coelebs © CACP – Emilie Périé

    Comme chaque année, nous avons participé au Suivi Temporel des Oiseaux Communs (STOC) en avril et mai, afin d’avoir un aperçu de la faune nicheuse sur le territoire de Cergy-Pontoise.

    Retrouvez dans notre rapport STOC 2019 tous les détails du comptage.

    Voici quelques-uns des faits marquants de l’année :

    Quinté gagnant

    Étourneau sansonnet, Sturnus vulgaris – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    De façon peu surprenante, les effectifs de nos comptages de printemps ont été dominés par les espèces vivant en colonies ou se regroupant en dortoir : les pigeons ramiers, les étourneaux sansonnets, les moineaux domestiques, les pies bavardes et les martinets noirs. Ce résultat, bien qu’attendu, est rassurant au regard des tendances nationales de ces oiseaux. L’étourneau par exemple a vu ses populations réduire de 18 % depuis 2001.

    Nouvelles venues

    Aigrette garzette, Egretta garzetta © CACP – Gilles Carcassès

    Cette année c’est l’aigrette garzette qui nous a fait l’honneur de sa visite sur le territoire. Elle n’avait encore jamais été recensée dans nos comptages de printemps.

    En dehors de la période de protocole il nous arrive aussi de faire de belles rencontres, comme celle du bruant zizi au début de l’année !

    Bruant zizi mâle, Emberiza cirlus – Jouy-le-Moutier © CACP – Emilie Périé

    Quelques tendances

    Au niveau national les tendances générales sont à la baisse avec une perte de 6,6 % des effectifs totaux d’oiseaux sur la période 2004-2019. C’est également le cas pour plusieurs espèces du territoire.

    Mésanges à longue queue, Aegithalos caudatus – Cergy © CACP – Emilie Périé

    Les effectifs de mésanges à longue queue ont diminué de 17 % depuis 2001.

    Linotte mélodieuse, Linaria cannabina © CACP – Emilie Périé

    Ceux de la linotte mélodieuse ont diminué de 14 % sur la même période.

    Mais, quelques bonnes nouvelles sont à noter.

    Fauvette à tête noire, Sylvia atricapilla – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

    Les populations de fauvette à tête noire sont en hausse de +24% depuis 2001.

    De plus, une récente étude menée à partir des résultats du STOC sur les réserves naturelles montre que dans ces espaces protégés les effectifs ont augmenté de 12,5 % ! Il serait intéressant d’avoir une étude similaire sur notre territoire voisin qu’est le Parc Naturel Régional du Vexin Français.

    A la mangeoire

    Outre le STOC, il existe d’autres protocoles qui permettent de suivre les populations d’oiseaux tout au long de l’année. Par exemple, avec BirdLab et Oiseaux des Jardins nous avons observé les oiseaux qui passent l’hiver chez nous, comme le verdier d’Europe.

    Verdier d’Europe à la mangeoire – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    Des migrateurs

    Enfin, parmi les oiseaux que nous observons il y en a qui se contentent de traverser notre territoire pendant leur migration hivernale. Cet hiver nous avons ainsi croisé la route du pipit farlouse, du bruant des roseaux et de la grive mauvis.

    Pipit farlouse, Anthus pratensis – Cergy © CACP – Emilie Périé

    Sources :

    Les résultats du STOC de 2001 à 2018, par VigieNature

    L’étude sur les réserves naturelles, par VigieNature

    Retrouvez les oiseaux de l’année dans nos articles :

    Les oiseaux du Parc des Arènes

    Le tarier pâtre

    Le retour du merle

    Le rouge-queue noir

    La buse variable

    Ainsi que nos observations des années précédentes :

    Observations 2018

    Observations 2017

    Observations 2016


mercredi 11 décembre 2019

  • Une saison au potager
    Le jardin des Belles Jardinières – Vauréal © CACP – Emilie Périé

    Le jardin partagé des Belles Jardinières à Vauréal n’est pas un jardin comme les autres. Il est partagé, certes, mais il est né de l’initiative d’un seul, Patrice Lebrun, qui a voulu mettre à la disposition de tous ses talents d’artiste et de jardinier. Ces 7 jolies jardinières ont donc pris place l’an dernier, avec l’accord de la Mairie, sur un terrain communal.

    Nous avons suivi l’évolution des plantations, réalisées par les riverains et supervisées par Patrice, au cours de l’année 2019. En voici quelques images :

    Les belles jardinières, Vauréal © CACP – Emilie Périé

    Le projet vit et se développe. A la suite des jardinières sont nés les planches de patates de gazon, le fraisier de Madame le Maire, la table de partage de graines et de légumes, un composteur collectif et de nouveaux bacs sur le reste de l’espace. Et tout ça, juste en face du jardin école. On ne peut que soutenir l’initiative !

    Les belles jardinières – Vauréal © CACP – Emilie Périé

    En plus d’avoir la main verte, Patrice Lebrun fait preuve d’un humour certain. N’hésitez pas à venir apprécier, échanger et participer à la vie de ces belles jardinières !


mardi 10 décembre 2019

  • La piéride de la rave
    Chenille de Pieris rapae © CACP – Gilles Carcassès

    Joli contraste !

    Dans un massif fleuri automnal, ce très beau chou frisé décoratif héberge quelques chenilles. J’en dégage une des plis du feuillage pour mieux la photographier. Avec cette tête verte et une ligne jaune sur le dos, pas de doute, c’est la chenille de la piéride de la rave, Pieris rapae, de la famille des Pieridae.

    Elle présente aussi une ligne jaune discontinue sur le flanc.

    A quoi ressemble l’adulte ?

    Pieris rapae, la piéride de la rave, sur une lavande – Maurecourt © CACP – Gilles Carcassès
    Couple de piérides du chou, Pieris brassicae © CACP – Gilles Carcassès

    L’adulte se différencie de la piéride du chou, Pieris brassicae, par la forme de la tache noire présente à l’apex de l’aile antérieure : vaguement rectangulaire, elle s’étend sur le bord antérieur alors que chez la piéride du chou cette tache est en forme de croissant aux deux extrémités effilées. Autre différence : la piéride de la rave est plus petite que celle du chou.

    Source :

    Pieris rapae, par l’Atlas des papillons de jour d’Ile-de-France (Cettia)

    Retrouvez dans cet article une autre espèce de la même famille :

    Mais où sont passées les femelles ?


lundi 9 décembre 2019

  • Le pic vert

    Bravo à Françoise et à Antoine qui ont reconnu la crête du pic vert tapis dans l’herbe !

    Mais contrairement au beau mâle que Gilles avait présenté il y a quelques années, notre pic vert n’a pas de moustaches rouges, c’est donc une femelle.

    Pic vert femelle – Jouy-le-Moutier © CACP – Emilie Périé

    Pour comparer, voici un mâle vu une semaine plus tôt au parc des Larris à Pontoise*. On voit nettement une bande rouge partant du bec.

    *Durant l’hiver les pics verts sont solitaires, ils ne se mettent en couple qu’au début du printemps.

    Pic vert mâle – Pontoise © CACP – Emilie Périé

    Cet oiseau des lisières forestières partage son temps entre les prairies et pelouses dans lesquelles il mange des insectes (fourmis et coléoptères notamment), et les vieux arbres des forêts, haies et vergers. C’est sur ces arbres, le plus souvent morts, qu’il va taper du bec et produire les sons caractéristiques des pics. Ces percussions lui sont utiles à plusieurs égards : il appelle des congénères, il déloge des insectes sous l’écorce, il creuse son nid (jusqu’à 30 cm de profondeur dans le tronc !). Mais, outre ces toc-tocs, le pic vert est un bon chanteur. Son chant mélodieux ressemble un peu à un rire.

    Pic vert femelle, sans doute en recherche d’insectes – Jouy-le-Moutier © CACP – Emilie Périé

    Pour en savoir plus :

    Apprenons à reconnaître le chant du pic vert, avec le Studio Les trois becs

    Le pic vert, par l’INPN

    Pourquoi le pic-vert ne devient pas toc-toc, par Ominologie.fr

    Retrouvez d’autres pics dans nos articles :

    Le pic mar

    Le pic noir

    Le pic épeiche


vendredi 6 décembre 2019

jeudi 5 décembre 2019

  • Stratiomys potamida
    Stratiomys potamida en séance photo – Osny © CACP – Emilie Périé

    Revenons sur une séance photo estivale pour faire les présentations avec cette bien jolie mouche : Stratiomys potamida.

    Le général rayé

    Le général rayé, Stratiomys potamida – Osny © CACP – Emilie Périé

    Cette mouche est assez rare, ou du moins peu observée par les naturalistes franciliens. Elle ne fait l’objet que de 10 mentions dans la base de données régionale. Elle n’a d’ailleurs pas de nom français officiel. La traduction de son nom anglais Banded general qui donne « le général rayé » lui va plutôt bien. Le caractère rayé est assez évident, quant à l’aspect militaire il lui vient sans doute des deux fortes épines à la base de son scutellum (son dos). De plus, son nom latin Stratiomys signifie en grec « mouche soldat ».

    Le terme potamida fait référence au fleuve. En effet, les larves de cette mouche sont aquatiques. Ce qui est assez cohérent avec le fait que nous ayons trouvé cet adulte aux Noirs marais, une des zones humides de Osny et donc un potentiel site de ponte.

    Stratiomys potamida – Osny © CACP – Gilles Carcassès

    Vu de dos, cette mouche a une silhouette très particulière avec son abdomen court, large et un peu aplati.

    Un amateur d’apiacées

    Le A est important, cette mouche ne consomme pas de pavots. On la trouve plutôt sur les ombelles des Apiacées : les plantes de la famille de la carotte ou, comme ici, de la berce (Heracleum sphondylium). 

    Stratiomys potamida butinant des fleurs de berce – Osny © CACP – Emilie Périé

    Enfin, détail important, les yeux totalement disjoints sur la face et au sommet de la tête nous indiquent qu’il s’agit ici d’une femelle.

    Sources :

    Stratiomys potamida, par Quel est cet animal ?

    Stratiomys potamida, par l’INPN

    Base de données naturalistes CETTIA

    Field Key to the Soldierflies of the Nederlands, par Menno Reemer (2014)

    Galerie des Stratyomyidae (en Hollandais)

    Retrouvez d’autres mouches de la même famille dans ces articles :

    Deux plumes d’indiens

    Actina chalybea


mercredi 4 décembre 2019

  • Le bruant des roseaux

    Ça bouge dans les roseaux !

    Roseaux Phragmites du Parc des Arènes, Cergy © CACP – Emilie Périé

    Les petits oiseaux sont nombreux en cette fin d’automne sur le Parc des Arènes. Rouges-gorges, rouges-queues noirs, pinsons des arbres, mésanges bleues, mésanges charbonnières, toutes les couleurs sont au rendez-vous ! Et ça s’agite dans les phragmites. Seraient-ce des moineaux ? En zoomant un peu je découvre une belle surprise : ces sourcils crème et ces moustaches blanches trahissent la femelle du bruant des roseaux !

    Un oiseau à protéger

    Bruant des roseaux femelle – Parc des Arènes, Cergy © CACP – Emilie Périé

    Bien que considéré comme « commun » dans la région et protégé à l’échelle nationale, Emberiza schoeniclus, le bruant des roseaux, a vu ses populations s’effondrer ces dernières années. Il a été classé « en danger d’extinction » lors de la dernière révision de la Liste rouge des oiseaux nicheurs d’Île-de-France (2018).

    Ils étaient une petite dizaine perchés dans le Parc des Arènes en ce mois de novembre 2019. On observe souvent ce comportement grégaire pendant l’hiver. Les bruants des roseaux sédentaires et nicheurs en Île-de-France se rassemblent en dortoir pour hiverner.  Mais, il pourrait également s’agir de populations nordiques qui migrent et viennent passer la saison froide sous nos températures plus clémentes. Il faudra vérifier au printemps prochain si un ou des couples, nichent sur place pour confirmer leur préservation sur le territoire. En tout cas, ce n’est pas la première fois qu’on l’observe en hiver dans ce parc.

    Un dimorphisme prononcé

    Bruant des roseaux mâle, en période nuptiale © CACP – Gilles Carcassès

    En période nuptiale, au printemps, les mâles et les femelles sont très distincts. La femelle a la tête brun clair avec des sourcils et des moustaches prononcés alors que le mâle a un capuchon noir et seulement des moustaches blanches. En hiver en revanche, la tête du mâle s’éclaircit fortement. Au point qu’il est compliqué de le différencier d’une femelle qui serait un peu foncée. Aussi, il est difficile de dire si parmi la dizaine de femelles observées au Parc des Arènes, un mâle ne s’était pas glissé.

    Vu !

    Bruant des roseaux femelle – Parc des Arènes, Cergy © CACP – Emilie Périé

    Oups ! Je crois que nous avons été repérés … Il est temps de laisser ces bruants à leur chasse aux insectes et aux graines de phragmites.

    Sources :

    Le bruant des roseaux, par Oiseaux.net

    Le bruant des roseaux, par l’INPN

    Retrouvez d’autres articles sur les bruants du territoire :

    Le bruant zizi

    Les oiseaux rares de l’Arèn’Ice


mardi 3 décembre 2019

  • Le trèfle pied-de-lièvre

    Une espèce en régression

    Trifolium arvense, le trèfle pied-de-lièvre – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Cette plante annuelle de la famille des Fabacées était autrefois très commune en Île-de-France. Bien qu’elle soit encore présente dans la région, on constate une diminution de ses stations. La cause principale de cette diminution est l’intensification de l’agriculture.

    Trifolium arvense, le trèfle pied-de-lièvre – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Les milieux pauvres en eau sont ceux qu’il préfère, ce trèfle est « xérophile ». On le retrouve souvent sur les terrains secs et sablonneux comme les friches, mais également sur les toitures végétalisées.

    Tout doux le trèfle !

    Trifolium arvense, le trèfle pied-de-lièvre – Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

    Le trèfle fleurit de juin à septembre en se revêtant de nombreux poils blancs et soyeux. Son inflorescence est d’ailleurs à l’origine de son nom vernaculaire « Trèfle pied-de-lièvre ». Ses fleurs sont de type « papilionacées », comme la plupart des Fabacées : elles présentent un étendard, deux ailes et un carène.

    Fleur papilionacée de Lathyrus sylvestris, une autre Fabacée © CACP – Gilles Carcassès

    Attention à son autre nom commun

    Trifolium arvense est aussi appelé « trèfle des champs », un nom vernaculaire qu’il partage avec Trifolium campestre, une autre espèce de trèfle. Ils se différencient aisément une fois en fleur : Trifolium campestre est jaune !

    Trifolium campestre, le trèfle des champs – Carrières-sous-Poissy © CACP – Gilles Carcassès

    Sources :

    Philippe Jauzein & Olivier Nawrot, Flore d’Île-de-France, Editions Quae

    Trifolium arvense, par Identification assistée par ordinateur

    Trifolium arvense, par Florif

    Trifolium arvense, par Tela Botanica

    Retrouvez d’autres portraits de trèfles dans nos articles :

    Trifolium fragiferum, le trèfle porte-fraise

    Trifolium pratense, le trèfle des prés


lundi 2 décembre 2019

  • L’œdipode soufrée
    Oedaleus decorus, l’œdipode soufrée © CACP – Gilles Carcassès

    C’est dans les Landes au bord de la mer que j’ai rencontré l’œdipode soufrée (Oedaleus decorus). Comme beaucoup d’espèces méridionales, le massif de Fontainebleau, en Île-de-France, constitue la limite nord de sa répartition.

    Oedaleus decorus © CACP – Gilles Carcassès
    Oedalus decorus © CACP – Gilles Carcassès

    Ce joli criquet a une grosse tête globuleuse. Il est facile à reconnaître en observant les taches du pronotum.

    Deux virgules blanches obliques, de chaque côté de la carène centrale, dessinent vues de dessus un motif en « x ».

    L’œdipode soufrée n’est pas toujours verte, certains individus peuvent être bruns.

    Oedaleus decorus, forme brune vue dans les Alpilles © CACP – Gilles Carcassès

    L’espèce affectionne les dunes et les zones arides, elle est classée vulnérable dans la liste rouge des orthoptères d’Île-de-France.

    Source :

    L’atlas des orthoptères d’Île-de-France, CETTIA

    Retrouvez un autre œdipode :

    L’œdipode turquoise


vendredi 29 novembre 2019

  • Rencontres naturalistes 2019

    Un rendez-vous à ne pas manquer

    © ARB-idf

    Le samedi 7 décembre 2019, les naturalistes franciliens professionnels et amateurs se retrouvent à Nanterre pour échanger sur les sujets marquants de l’année concernant la nature. Ce rendez-vous annuel donne toujours lieu à des exposés passionnants et de riches conversations sur la vie qui nous entoure.

    Pour s’inscrire c’est ici !

    Gilles y sera !

    Le programme est déjà alléchant. Il sera bien sûr question des faits marquants régionaux (à titre d’exemple, retrouvez les faits marquants de Cergy-Pontoise) ainsi que du bilan des Inventaires éclairs du mois de juin auxquels nous avons participé. Seront également présentés les syrphes, ces étonnantes mouches rayées ; la végétalisation des pelouses sur dalles ; les oiseaux parisiens ; les poissons migrateurs et les vers luisants. Quant à notre cher Gilles, il nous parlera des galles de cécidomyies.

    Cliquez dans l’image pour un aperçu de son intervention :

    De quoi satisfaire tous les curieux de nature !

    Alors ? Curieux ? © CACP – Gilles Carcassès

    Retrouvez ses interventions des années précédentes :

    Edition 2018

    Edition 2017


jeudi 28 novembre 2019

  • Le tigre du poirier

    Après le tigre du platane, le tigre de l’andromède et le tigre du chantier, voici le tigre du poirier !

    Stephanitis pyri, le tigre du poirier (un adulte et à droite sur la nervure une petite larve) © CACP – Gilles Carcassès

    Le tigre du poirier est une punaise de la famille des Tingidae. Ses piqures provoquent des décolorations du feuillage qui peuvent être importantes quand ces insectes pullulent. Les taches noires visibles sur la photo sont ses excréments.

    Dégâts du tigre du poirier sur un cognassier du Japon (feuilles partiellement décolorées) © CACP – Gilles Carcassès

    Contrairement au tigre de l’andromède (ou tigre du Pieris), cette espèce est indigène. Elle s’attaque surtout aux pommiers et aux poiriers, mais aussi occasionnellement à d’autres plantes telles que les aubépines, les rosiers ou les châtaigniers.

    Cette espèce méridionale progresse vers le Nord (encore une !) : elle a été vue en avril 2019 à Bois-Colombes. Est-elle déjà à Cergy-Pontoise ?

    Source :

    Stephanitis pyri, par Ephytia

    Reconnaissance de différentes espèces de Stephanitis, par la Fredon PACA


mercredi 27 novembre 2019

  • Bande de tricheurs !

    Mais que fait ce bourdon ? Il se délecte du nectar de la fleur de sauge pour sûr. Mais il ne passe pas du tout par l’entrée prévue par la fleur !

    Connaissez-vous le coup des étamines à pédales ? Au cours de milliers d’années d’évolution les fleurs des sauges se sont adaptées à leur pollinisateurs (essentiellement les bourdons, mais l’ensemble des abeilles, guêpes, mouches et papillons sont aussi susceptibles d’intervenir). Les pétales, les étamines, le pistil et la réserve de nectar sont disposés de manière à ce que le butineur devienne par la même occasion un pollinisateur en récupérant et déposant des grains de pollen au fil de ses visites de fleurs.

    Ce bourdon, paresseux mais non moins ingénieux, a trouvé une parade. A la jonction entre les pétales et les sépales le nectar est disponible sans avoir à se faufiler à l’intérieur de la fleur. C’est sans doute beaucoup plus facile pour le bourdon, mais la fleur y perd sa reproduction. Et il n’était apparemment pas le seul tricheur …

    L’abeille mellifère, Apis mellifera, a trouvé la combine.

    L’abeille mellifère sur une fleur de sauge © CACP – Emilie Périé

    Le moro-sphinx, Macroglossum stellatarum, ne prend même pas le temps de se poser pour boire le nectar.

    Le moro-sphinx butinant une fleur de sauge © CACP – Gilles Carcassès

    La guêpe germanique, Vespula germanica, a également repéré l’entrée secrète.

    La guêpe germanique sur une fleur de sauge © CACP – Emilie Périé

    Vu ! Et le frelon asiatique, Vespa velutina, s’est aussi invité au buffet.

    Le frelon asiatique sur une fleur de sauge © CACP – Emilie Périé

    Quid de la pérennité des sauges ? Car sans pollinisation, pas de reproduction ! Il est possible que cette variété horticole, choyée par les jardiniers de Giverny, n’ait pas trop à pâtir de ce manque de pollinisation. Mais la question se pose pour les sauges sauvages. Verra-t-on de nouvelles évolutions de la forme de la fleur pour palier au problème ?

    Heureusement il reste encore des bons élèves. Ce bourdon fauve, probablement Bombus pascuorum, s’applique à butiner par le bon côté.

    Un bourdon fauve dans une fleur de sauge © CACP – Emilie Périé

    Retrouvez dans nos articles :

    Le coup des étamines à pédales

    Les insectes de Giverny

    Les oiseaux de Giverny

    Bourdon tricheur © CACP – Emilie Périé

mardi 26 novembre 2019

  • L’héliotrope d’Europe

    Une plante très rare

    Heliotropium europaeum – Osny © CACP – Gilles Carcassès

    Heliotropium europaeum est une plante annuelle herbacée. Dans le Val d’Oise, la base de données du Conservatoire botanique national du Bassin parisien (Flora) n’indique que deux données de localisation : une à Vétheuil et l’autre à Asnières-sur-Oise. L’héliotrope d’Europe est une plante classée « très rare » dans la base de données régionale, elle est aussi une espèce déterminante pour l’inventaire ZNIEFF. Gilles et Emilie en ont découvert une station à Osny en septembre dernier, sur un talus ensoleillé dans le secteur du moulin de Busagny.

    Heliotropium europaeum – Osny © CACP – Gilles Carcassès

    On peut la trouver dans les jachères, les friches urbaines et les pelouses piétinées. En effet, elle a la particularité d’arriver à pousser spontanément dans les espaces modifiés par l’activité de l’Homme. La plante est thermophile, elle affectionne les sols chauds et secs. Ce talus a toutes les qualités requises pour son développement.

    Attention, l’héliotrope est toxique.

    Son nom de genre, Heliotropium, fait référence au fait qu’elle tourne ses feuilles en fonction de la position du soleil dans le ciel. En réalité, cette particularité n’est pas réservée à l’héliotrope seule puisque c’est aussi le cas de nombreuses autres plantes.

    Heliotropium europaeum – Osny © CACP – Gilles Carcassès

    Une inflorescence en queue de scorpion

    L’héliotrope, tout comme le myosotis des marais (Myosotis scorpioides), présente une inflorescence dite « scorpioïde » : son extrémité se replie sur elle-même telle la queue d’un scorpion. Jusque récemment, les deux plantes faisaient partie de la famille des Boraginacées. Pour des raisons génétiques l’héliotrope a maintenant sa propre famille, celle des Heliotropiacées.

    Inflorescence scorpioïde d’Heliotropium europaeum – Osny © CACP – Emilie Périé
    Inflorescence scorpioïde de Myosotis scorpioides – Osny © CACP – Gilles Carcassès

    Sa cousine horticole

    L’héliotrope du Pérou (Heliotropium arborescens) est utilisée en horticulture pour sa floraison colorée et parfumée. L’arbrisseau est cultivé comme plante annuelle pour garnir les massifs, mais attention aux gelées qui lui seraient fatales !

    Heliotropium arborescens utilisé en massif fleuri © CACP – Gilles Carcassès

    Source :

    L’héliotrope d’Europe, par Sauvages du Poitou

    L’héliotrope d’Europe, par Jardin ! L’Encyclopédie

    Base de données naturalistes régionale CETTIA

    Retrouvez d’autres plantes de la famille des Boraginacées :

    La buglosse des champs

    La vipérine commune


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